Garde-Champêtre et Police

Le « maintien de l’ordre » a toujours dû avoir lieu, à Stembert comme ailleurs. Grâce à Arthur Fassin et à son livre datant de 1890, l’on sait comment cela se déroulait depuis que le village avait été érigé en une commune. 

La Sûreté publique était assurée par des « Sergents sermentés », employés par les membres du corps magistral qui leur faisaient exécuter leur ordre. Le « sergent sermenté » avait aussi la responsabilité de la surveillance des lieux. Le privilège de pouvoir nommer un délégué pour la police dans des communes comme Stembert et Ensival a failli être retiré par les cours de justice de Verviers et Theux. Les deux communautés lésées réclamèrent au Prince-Evêque et eurent gain de cause en janvier 1685. L’huissier-sergent était habillé aux frais de la commune et son costume devait durer quatre ans. La paie qu’il touchait variait fréquemment. En 1790, le nombre de sergents fut porté à trois et ils prirent l’appellation de « gardes-champêtres ». Depuis cette époque, il y en a eu plus souvent deux qu’un seul bien que les charges du second soient simplement honorifiques et non rémunérées. 

Pendant les années si troublées qui suivirent la révolution française, une patrouille fut créée afin de sauvegarder la tranquillité des habitants. Une patrouille de nuit composée de six hommes âgés de 15 à 60 ans devait veiller de 22h à 7h du matin. L’officier de patrouille, Nicolas-Joseph Jaminet, devait empêcher, avec le concours de ses subordonnées, les désordres, vols ou dévastations nocturnes. Toutes les personnes rencontrées devaient montrer leur passeport ou donner l’indication précise de leur domicile, à défaut de quoi elles étaient remises entre les mains du maire. Cette patrouille, formée en 1797, dura plusieurs années. 

Lors des révolutions de 1830 et de l’agitation de 1848, d’autres gardes furent constituées mais elles ne durèrent que quelques semaines. 

En 1837, Stembert et Heusy, bien que séparés, formèrent un corps de garde-civique non active dont les chefs étaient élus à Stembert par les gardes des deux localités. En 1890, les deux localités comprenaient chacune leur propre corps respectif. 

Ensuite, ce furent les garde-champêtres qui assurèrent le maintien de l’ordre et le respect de l’application des ordonnances communales par tous les citoyens. En uniforme, ils faisaient respecter la loi, très souvent avec un ou plusieurs agents de police communaux. Les garde-champêtres stembertois furent, Monsieur Jules Mosbeux pendant environ quarante ans, Monsieur Henri Grosjean (fontainier de la commune et garde-champêtre intérimaire de 1945 à 1946) et Monsieur Emile Lepaon (père) qui fut le dernier. 

Le 6 mars 1995, sous la nouvelle législature communale (Mechior WATHELET senior Bourgmestre empêché PSC – aujourd’hui CDH), remplacé par Jean-Marie RAXHON), Stembert voyait revenir une « antenne de police », un local policier, dans la rue Antoine De Berghes. Quatre agents de quartier assuraient une permanence pour assurer la sécurité citoyenne du village. Cela devait également permettre une plus grande proximité avec la population locale et offrir des services d’une manière plus proche des habitants. Le choix de cette localisation résidait dans la disponibilité immédiate des locaux (qui avait été utilisés partiellement jusqu’alors par une extension de la section maternelle de l’école communale des Linaigrettes et dont le contrat de location courrait encore) et, d’autre part, dans une situation médiane entre le centre historique de Stembert et le quartier de Linaigrettes. A la tête de cette antenne avait été désigné le Commissaire-adjoint Roger BRIAMONT. Cette antenne de police ferma ses portes le 31 décembre 1998. 

Le village resta alors à nouveau sans poste de police. Dès le 31 janvier 2000, à l’instigation et sous la direction du Commissaire de Police en Chef de l’époque, M. Marc Adans-Dester, le projet d’un « bureau mobile de police » a été entrepris. L’entrée en vigueur de celui-ci avait entraîné la fermeture des deux antennes locales de Stembert et d’Ensival. Il devait améliorer le contact et les services à la population. Le concept était déjà développé dans sept autres villes du pays (notamment Liège et Genk) dans le but d’apporter une réponse à une demande croissante de la population de la proximité des forces de l’ordre. Le bureau mobile avait la particularité et l’avantage d’être modulable (les zones d’attente - avec bloc sanitaire - et de travail sont séparées par une cloison amovible) et «vraiment mobile» (un permis B suffit pour le conduire). Il était équipé de deux postes de radio haute fréquence, d’un central téléphonique, d’un système informatique et d’un groupe électrogène. Il était autonome et confortable et servait, en fonction des besoins d’antenne, commissariat ou poste de commandement. Pour information, les fonctions de ce bureau mobile étaient diverses : à caractère aussi préventif, il servait de commissariat mobile lors de la braderie, du jogging ou du cortège du 1er mai mais aussi afin d’assurer une surveillance dans des endroits ou des quartiers sensibles, comme les abords d’un magasin ouvert 24 h sur 24 et, lors d’événements à risque, les officiers en disposaient comme poste de commandement. Son coût de 4,1 millions de francs belges (soit 101.636,35 euros) avait été entièrement pris en charge par le Ministère de l’Intérieur dans le cadre du contrat de sécurité et par une partie du Fonds des amendes. 

Le bureau stationnait, durant plusieurs demi-journées par semaine, dans chacun des dix quartiers administratifs verviétois situés en périphérie dont celui de Stembert. Il était le point de contact privilégié avec l’agent de quartier, notamment appelé à entendre doléances et plaintes en matière de voisinage ou à servir d’agent de liaison avec un commissariat central plus éloigné. Pour ce qui est de Stembert, il stationnait place de l’église, en soirée. D’après les policiers de quartier de l’époque, ce système n’a jamais attiré beaucoup de résidents. 

Enfin, le 1er avril 2005, l’idée d’un poste fixe revint et s’installa dans l’ancien presbytère de Mangombroux où il se trouve toujours actuellement.

 

 

 

 

 

 

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