Stembert, une Chapelle

Trois chapelles dépendaient de l'église verviétoise dédiée à Saint Remacle dont celle de Saint Nicolas et Sainte Barbe à Stembert. Une ancienne petite chapelle qui a grandi au gré du temps qui passe... comme le village de Stembert !

 

La chapelle de Stembert

 Le passé de Stembert est étroitement lié à celui de sa paroisse. En effet, en 1334, il existait déjà une chapelle dédiée à Saint Nicolas (patron des tailleurs, des pauvres, des écoliers, des tisserands, des mariés, des marins, des bouchers et des gens de justice) et à Sainte Barbe (patronne des  architectes, des géologues, des pompiers, des mineurs, des artilleurs, des sapeurs, des canonniers, des artificiers, des ingénieurs de combat, des métallurgistes, des démineurs et des autres corporations liées au feu) à Stembert. Elle était une des trois chapelles de la paroisse Saint Remacle dont le territoire était égal à celui du ban de Verviers.

La chapelle existant en 1334 et citée à cette date par Jehan le Grand Jehan de Limbourg dans son testament, n’avait sans doute pas grand chose à voir avec l’actuelle église. Tout ce que l’on sait, c’est que les membres de la famille « de Stembert » y enterraient leurs défunts. Elle devait probablement se trouver au même endroit que l’église actuelle, mais sa position devait être différente et sa taille bien moindre.

Seules quelques archaïques dates nous sont renseignées :

En 1357, on cite un jardin d’environ un bonnier se situant près du moustier, et en wallon, « lu mosty » signifie le monastère, l’église.

En 1410, Thomas de Stembert, maïeur de la Cour de justice de Verviers est qualifié de « mambour de la chapelle Saint Nicolas à Stembert ». De même, en 1508, Thomas Linard, époux d’Ysabeau de Stembert, fut également mambour de la même chapelle.

Un autre détail : en 1548, Guillaume le Camus, prêtre auxiliaire du curé de Verviers, est dit « recteur de l’autel Sainte Barbe à Stembert ».

L’histoire de la chapelle est très difficile à reconstituer à cause du peu d’archives mis à notre disposition. En 1468, lorsque Charles le Téméraire vint ravager le pays de Franchimont pour se venger de la mémorable attaque de Sainte Walburge, il détruisit un grand nombre d’églises et il est fort probable que celle de Stembert ne fut pas épargnée.

En 1566, les populations assistèrent à la montée rapide du protestantisme. Immédiatement, les idées des novateurs se répandirent. A Limbourg, des membres du clergé et des magistrats adhérèrent à ces théories. De plus, les allées et venues des marchands et la présence des curistes étrangers qui se rendaient aux eaux de Spa allaient favoriser la pénétration de l'idéologie protestante dans le Marquisat de Franchimont.

Le village de Stembert fut  atteint en très peu de temps et les rivalités religieuses donnèrent prétextes à des exactions et on assista à une montée de la violence et le 22 décembre 1566, la chapelle de Stembert fut pillée.

En 1571, les protestants hollandais tentèrent une offensive contre Verviers. N’ayant pas réussi, ils se replièrent sur le village voisin de Stembert où ils forcèrent et pillèrent l’église en renversant les autels et en brisant les statues des saints.

Comme il n’est dit nulle part que les dégâts occasionnés par les attaques de 1468, 1566 et 1571 furent réparés, on peut supposer que tout était restauré lorsque l’on érigea le bourg en paroisse en 1591 puisque le démembrement d’une paroisse n’est réalisable qu’à la condition de disposer d’un lieu de culte et de pourvoir à l’entretien d’un curé en affectant à la nouvelle paroisse une partie des dîmes de la paroisse mère.

Stembert devait être une église importante et l’on dut s’empresser d’effacer les traces de ces tristes excès. Tous ces événements amenèrent toutefois l’Eglise à prendre des mesures. Ainsi, le Concile de Trente allait obliger les curés à résider effectivement dans leur paroisse.

La création de nouvelles paroisses et la présence d’un pasteur à titre permanent étaient ressenties comme des moyens de raffermir la foi.

 

 

 

 

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