Les Hautes-Fagnes

Distantes de seulement quelques kilomètres, les Hautes Fagnes sont également un lieu de balade très prisé. La région s’étend en Belgique (province de Liège) mais également en Allemagne (Rhénanie-Palatinat et Rhénanie du Nord-Westphalie). C'est en 1957 que fut créée la « Réserve naturelle domaniale des Hautes-Fagnes ». Depuis 1971, la réserve est englobée dans le  « Parc naturel Hautes-Fagnes - Eifel ».

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Couvrant plus de 4.100 hectares en Belgique, la réserve est une aire où sont protégés intégralement la faune, la flore, le sol et le paysage constitué de tourbières, de landes et de forêts. C’est dans ce paysage que se situe Botrange et son signal, le point le plus élevé de Belgique, d’une altitude de 694 mètres.

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Aux VIIème et VIIIème siècles, la « Via Mansuerisca » était une voie de liaison entre la chaussée romaine de Trèves à Cologne et la chaussée romaine de Bavay à Cologne. Cette voie est mentionnée pour la première fois en 670 dans un diplôme du roi franc Childéric II. La région devint progressivement un lieu de passage et de commerce important entre les différentes principautés qui vont se constituer (et lieu de perception de droits de douane), comme en témoigne toujours pour partie la toponymie (voie du fer, voie du cuivre, ...).

Des villages, comme Ovifat, Robertville, Elsenborn, Sourbrodt, Jalhay, Solwaster ou Hockai vont progressivement s'établir en bordure du plateau, dont les habitants exploiteront les ressources disponibles pour la pâture du bétail, la récolte de tourbe à brûler ou encore pour l'essartage.

Longtemps, les frontières administratives passent par la Baraque Michel. Au nord-ouest, le marquisat de Franchimont (Principauté de Liège), au nord-est, le duché de Limbourg et le duché de Juliers, au sud-est, le comté, puis le duché de Luxembourg, au sud-ouest, la principauté abbatiale de Stavelot-Malmedy.

En 1795, la région devient française (département de l'Ourthe).

Le Congrès de Vienne de 1815 découpe le plateau des Hautes-Fagnes en deux territoires, séparés par une ligne nord-sud passant essentiellement par la Helle et l'Eau Rouge : Stavelot et l'ouest du plateau reviennent aux Pays-Bas ; Eupen, de langue allemande, et Malmedy, de langue wallonne, reviennent à la Prusse. Ces territoires deviennent belges en 1920.

Dès le XIXème siècle, le paysage de tourbières est profondément modifié par la plantation massive d'épicéas qui bouleverse l'écologie du lieu.

En 1924, l'Université de Liège installe une station scientifique pour étudier le haut plateau sous tous ses aspects.

Les territoires contestés sont réintégrés au Reich suite à l'invasion de 1940. Cette période de la Seconde Guerre mondiale vera notamment l'installation du camp de travail des prisonniers russes de Bosfagnes.

En décembre 1944, le plateau limite au nord l'offensive de la bataille des Ardennes. Des unités allemandes attaquent Montjoie au nord-est des Hautes-Fagnes. Initialement, le plan allemand prévoyait une pénétration en profondeur par Losheimergraben, Rocherath et Elsenborn. Cette poussée sera repoussée par les troupes américaines qui parviendront à tenir la crête d'Elsenborn. Néanmoins, une colonne allemande, sous les ordres de Joachim Peiper, atteindra notoirement Stavelot dans la région, sans jamais tenter de prendre le plateau. Elle sera arrêtée à La Gleize en tentant de contourner le plateau par le Sud puis l'Ouest via la vallée de l'Amblève. On notera aussi que les Allemands tenteront un parachutage de troupes sur les Hautes-Fagnes en vue d'arrêter aux environs du carrefour de Belle-Croix et de la Baraque Michel les renforts américains dépêchés dans la région d'Elsenborn et de Butgenbach (Opération Stösser). Cette opération se soldera par un échec total. Les troupes allemandes seront par ailleurs arrêtées sur les hauteurs de Spa peu avant la Géronstère.

Les territoires annexés par le Reich en mai 1940 réintègrent le territoire belge dès la libération.

En 1957 est créé le parc national des Hautes Fagnes. Sa superficie est de 4 200 ha.

En 1971 est créé le Parc naturel Hautes Fagnes-Eifel qui s'étend sur 2 400 km², dont 700 km² en Belgique.

À la fin du XXème siècle, la pression touristique est telle que des mesures conservatoires sont prises, notamment en interdisant certaines zones, en limitant l'accès à d'autres. Cela n'empêche pas le haut plateau d'être envahi l'été par des amoureux de la nature et l'hiver par des milliers de skieurs de fond venus de Belgique, mais aussi des régions proches d'Allemagne et des Pays-Bas.

Le climat est anormalement rude par rapport à la faible altitude maximale. Précipitations abondantes (1400 mm d'eau par an à Botrange, 850 mm à Bruxelles), brouillard épais, neige persistante, mais le réchauffement climatique amoindrit la rudesse des hivers depuis quelques années. Quelques records : 1,15 m de neige le 9 février 1953 ; il neige parfois encore au mois de mai.

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Monuments et sites remarquables :

Les lacs artificiels de Robertville et de Bütgenbach sur la Warche, dont les barrages contribuent à la production d'électricité.

Les barrages de la Gileppe et de la Vesdre (Eupen) ; les lacs sont une réserve d'eau potable.

Lacs de l'Olef, de la Kall, du Perlenbach, du Dreilägerbach et de la Roer à l'est du plateau, en Allemagne;

Le Signal de Botrange, le point culminant de la Belgique avec 694 mètres ; une butte aménagée (Butte Baltia) permet d'atteindre les 700 mètres. Une tour en pierres y est érigée en 1933 (hauteur : 28 m).

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A 500 mètres de là, en direction de Robertville, Le Centre Nature accueille les visiteurs et leur fait connaître la région (panneaux didactiques, promenades guidées). Le centre organise également, en collaboration avec le Gîte d'étape à Ovifat, des classes vertes (à destination des écoles) et des animations ponctuelles (expositions, marchés de Noël,...)

La Baraque Michel : une des auberges fagnardes ; à ses côtés, la Chapelle Fischbach.

La Croix des Fiancés : souvenir de la mort, le 31 janvier 1871, d'un couple de fiancés partis de Jalhay, dans la neige, chercher les documents nécessaires à leur mariage à Xhoffraix ; on les retrouve à peu de distance l'un de l'autre deux mois plus tard.

Kreuz im Venn : aux environs de Kalterherberg, un rocher isolé surmonté d'une croix chrétienne.

De nombreuses autres croix parsèment la fagne, témoins de la mort de téméraires qui ont eu la prétention de vouloir défier le pays des tourbières.

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Notons aussi la Cabane du Négus, l’ermite des Hautes-Fagnes. Il s’appelait Léon Rinquet et était docteur en sciences physiques et mathématiques. Liégeois de naissance, il était venu à Xhoffraix en 1935. Il avait perdu sa mère lorsqu’il fut muté par le Ministère de l’Instruction Publique. Il choisit de fuir le monde et de vivre sa solitude dans la fagne, sur un endroit nommé « le Fraineu » situé entre la route de Hockai et le ru des « Trôs Marêts ».

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Une des emblèmes des Hautes-Fagnes reste le Tétras lyre (coq de bruyère), un oiseau en voie de disparition. Il est reconnaissable à son plumage noir avec des reflets bleutés et sa queue en forme de lyre lorsqu’elle est dressée en période de parade. Ces oiseaux vivent en groupes, les coqs souvent à part des poules.

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Et que dire de la linaigrette, fleur qui pousse dans les endroits humides. Certaines espèces se rencontrent dans les marais alcalins (terrains calcaires). Leur aire de répartition va des régions arctiques jusqu'aux régions tempérées, où elles sont surtout présentes en montagne. Autrefois répandues en plaine, elles y sont désormais rares du fait de la disparition de leur milieu. 

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