La Fédération Nationale des Combattants

Avant d’évoquer l’historique de la Fédération Nationale des Combattants à Stembert, notons quelques particularités stembertoises. Tout d’abord, chaque année, après l’office religieux du mois de mai pour le V-Day, les délégations se rendent au cimetière de Stembert pour déposer les gerbes au monument aux Morts situés à la Pelouse d’Honneur. Tandis que pour le 11 Novembre, le mauvais temps de saison aidant, la cérémonie extérieure se déroule au monument aux Morts sur la place de l’église.

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Stembert organise le 11 Novembre à cette date précise sauf entre 2005 et 2008 (explications données plus bas dans le texte). Par contre, en mai, pour laisser la date officielle du 8 mai à Verviers, la cérémonie se déroulait le premier dimanche du mois de mai à Stembert, celui-ci étant réservé à la commémoration. Aujourd’hui, avec la multiplication des offices de communions dans les différentes paroisses de l’Unité pastorale, ce jour ne peut pas toujours être maintenu au premier dimanche de mai.

La section stembertoise de la Fédération Nationale des Combattants fut créée en 1919 afin de réunir les combattants de la première guerre mondiale. Pourtant, d’après les archives nationales relativement succinctes de la F.N.C. de Bruxelles concernant la section de Stembert, notre section locale ne fut officiellement reconnue qu’en 1923 et peu de traces existent, notamment en ce qui concerne la liste des Présidents qui se sont succédé depuis lors.

Après 1945, la F.N.C. de Stembert réunissait les combattants des deux guerres ainsi que les divers groupements tels les prisonniers de guerre, les prisonniers politiques, les déportés et les résistants. Les sections F.N.C., partout en Belgique, se dévouaient fortement pour venir en aide et apporter un peu de réconfort aux familles dont un ou plusieurs membre(s) militaire(s) avai(en)t été blessé ou tué.

Grâce à différentes archives, nous avons malgré tout pu reconstituer une liste non exhaustive des présidents stembertois :

M. Léon LEPAON est cité en 1931. Nonobstant le fait qu’il fit partie des fondateurs de la F.N.C. de Stembert dès 1919 et qu’il fut le premier président ce qui lui valut de donner son patronyme à une rue stembertoise, son nom n’est pas repris sur la liste officielle à Bruxelles. Mais à l’époque, les instances stembertoises avaient-elles fait le nécessaire pour être reconnues ou celles de Bruxelles avaient-elles pris soin d’en prendre bonne note ? Monsieur Lepaon est décédé en 1933.

M. Marcel DESCHESNE est cité en 1946. Quant à savoir s’il était président dès 1933, nous n’en savons rien. Et s’il ne le fut pas, il n’existe aucune trace de ou des personnes qui ont assuré le rôle de président entre 1933 et 1946.

M. Henri JENNEKENS fut président car son nom apparaît. Mais on ne connaît ni l’année d’entrée en fonction en tant que président de la F.N.C. Stembert ni la date à laquelle il termina son mandat. La seule certitude est qu’il devait suivre M. Deschesne.

M. Orphal MAGER n’est pas inclus dans la liste officielle communiquée par Bruxelles mais était pourtant bien le président en 1975, successeur de M. Jennekens et ce, jusqu’en 1987. Il était par ailleurs déjà cité dans le mensuel « Lu Leûp » n° 4 de novembre 1974 comme président de la F.N.C. de Stembert. Il nous est impossible de connaître avec exactitude la date de son entrée en fonction.

M. Constant PIRON de 1987 (officialisé par l’Assemblée Générale en 1988) jusqu’en 1992.

M. Roger BLEUS de 1992 à mai 2000, ancien colonel à la retraite.

M. Louis DELCAMBE de 2000 à 2007.

M. Jacques MAQUINAY de 2007 à décembre 2009, tout d’abord en remplacement de Louis Delcambe, inapte à la fonction de président pour raison de santé, dès le V-Day du mois de mai 2007, mais seulement officialisé le 1er janvier 2009 et décédé en décembre 2009.

M. Emile LEPAON de 2010 à 2016, petit-fils de Léon Lepaon, premier président.

M. François SERVAIS depuis 2016.

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Nous avons retrouvé un « agenda – souvenir » édité en 1969 à l’occasion du 50ème anniversaire de la F.N.C. de Stembert. Combiné à diverses sources d’informations, celui-ci nous informe sur les principales dates de l’association et permet l’établissement d’un historique daté :

En 1920, création de la section Dramatique Wallonne.

En 1922, rapatriement des Soldats 14-18 et création de la Crypte au nouveau cimetière. Le 22 juillet 1922, création du Tronc d’Infortune (ndlr : caisse de secours ayant pour mission de venir en aide aux membres et à leurs familles en cas de nécessité ou de malheur).

En 1925, création de l’Amicale des Enfants de Combattants (voir rubrique Associations disparues, Enfants de Combattants).

En 1928, le 11 novembre, 1er relais sacré et décision, pour célébrer l’anniversaire de l’Armistice, de rendre un hommage national au Grand Frère Anonyme (ndlr : le soldat inconnu), en faisant venir, des points extrêmes des frontières du pays des flambeaux allumés, à travers les villes et les villages jusqu’à Bruxelles devant la Dalle Sacrée. Dès lors, le Relais Sacré a été organisé annuellement.

En 1930, remise du drapeau à l’Amicale par Monsieur Octave Lohest, président de la F.N.C. national.

En 1940, lorsque la campagne des « 18 jours » prit fin, les militaires ayant eu la chance de pouvoir rejoindre leur foyer s’unirent, comme l’avaient fait avant eux les combattants de la première guerre mondiale, au sein de la Fédération des Anciens Combattants et créèrent une section nommée « Les Frères d’Armes 40 » le 6 juillet 1940. De nombreux membres décidèrent très vite de se regrouper en un groupe de dramatique française qui prit la même dénomination que la section après leur première représentation vers Noël 1940. Avec la section dramatique wallonne des Combattants de 1914 – 1918, ils organisèrent et proposèrent à la population, de nombreuses et variées pièces de théâtre. Les divertissements étant très rares, la foule était toujours très nombreuse lors de ces représentations qui pouvaient avoir lieu à condition de se plier au diktat de l’occupant. Il y eut aussi la création de l’Œuvre de rapatriement des soldats, l’envoi de colis aux prisonniers, création du service social aux Familles de Militaires, création d’une section de Placement et la création d’une section des Fêtes.

En 1945, comité de réception des Prisonniers F.N.C. - Frères d’Armes le 5 août et en octobre, fusion des Frères d’Armes avec les Anciens Combattants de 14-18.

En 1951, participation au Poumon d’Acier.

En 1952, le 22 juin, inauguration de la Pelouse d’Honneur au cimetière de Stembert (ndlr : rue du Cimetière, dans la seconde partie) et de la Flamme sacrée sur la place de l’église par le Président National, Monsieur Octave Lohest.

En 1959, la F.N.C. prenait la décision d’offrir des drapeaux aux écoles stembertoises, des Surdents et de Mangombroux, dans le but d’attirer les enfants de ces écoles aux diverses manifestations et ce, afin que nul n’oublie ces périodes terribles de l’Histoire.

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Nous notons aussi que le recrutement d’acteurs et d’actrices pour les deux sections dramatiques de la F.N.C. commencèrent à poser des problèmes au début des années cinquante. En 1954, elles organisèrent ensemble un grand spectacle au Grand-Théâtre de Verviers ; un nouveau souffle fut alors inculqué aux deux troupes théâtrales. Mais en 1958, les deux sections mettaient fin à leurs activités.

En 1975, au mois de mai, à l’occasion du 30ème anniversaire de la fin de la seconde guerre mondiale, l'école des Linaigrettes, fraîchement sortie de terre et inaugurée, recevait un drapeau tricolore des mains de Monsieur Orphal Mager, Président de la F.N.C. de Stembert à l'époque qui le remettait à la directrice, Madame Jacquet.

Le 11 novembre 1980, après la messe, tout le monde s’est retrouvé à la salle du comité des fêtes de l’ancienne administration communale de Stembert. Après l’accueil, le président, Monsieur Orphal Mager, a également remis un drapeau tricolore à Madame Dewez, directrice de la gymnastique Olympic Saint Nicolas. Ce drapeau était offert par la section locale de la F.N.C. ; le président priant Monsieur le Curé (ndlr : l’abbé Thoumsin à cette époque) de procéder à sa bénédiction.

Le 11 novembre 1981, le président Orphal Mager, toujours en l’ancienne salle des fêtes de l’ancienne administration communale de Stembert, remis un nouveau fanion aux couleurs belges, préalablement béni par Monsieur le vicaire, à Madame Jenny Hamoir, directrice de la Jeunesse Sportive de Stembert.

C’est à l’occasion du V-Day célébré le 2 mai 1982 que le nouvel étendard de la section stembertoise de la F.N.C. fut présenté et béni.

Pour le V-Day en 1984, les trois derniers vétérans Stembertois de la première guerre étaient présents : Messieurs Vossaert (décédé en début d’année 1986), Bertimès et Tasset.

Pour l’Armistice de 1986, le président Orphal Mager ne put être présent, tout comme pour le V-Day 1987, à chaque fois retenu par des problèmes de santé. Il décéda au début de l’été 1987.

Le 19 novembre 1986, la F.N.C. portait plainte pour la récidive du vol de ses drapeaux placés à l’arrière du Monument aux Morts de la place de l’église.

Le 11 novembre 1988, il ne restait plus qu’un ancien de la grande guerre : Monsieur Guillaume Bertimès, âgé de 92 ans et dans l’impossibilité de prendre part à la commémoration. C’est aussi à partir de cette date que la partie académique se déroula dans les nouveaux locaux de Chanteloup, récemment inaugurés. Auparavant, la partie protocolaire s’était déroulée à la Stembertoise, à la salle des fêtes de l’école Saint-Nicolas ou encore à la salle des fêtes de l’ancienne administration communale de Stembert. Et probablement aussi dans d’autres lieux dont nous n’avons pas connaissance.

Pour l’Armistice de 1992, le président en fonction, Monsieur Constant Piron est dit « démissionnaire » mais assure la présidence de la commémoration.

Le 1er décembre 1992, lors d’une réunion de la F.N.C. à Chanteloup, Monsieur Roger Bleus est cité comme le nouveau président avec, comme président honoraire de la section locale, Monsieur Constant Piron.

Le 7 mai 2000, à l’occasion du 55ème anniversaire du V-Day, le président de la section stembertoise de la F.N.C. est Monsieur Louis Delcambe qui félicite son prédécesseur, Monsieur Roger Bleus, qui s’est retiré à cause d’un déménagement vers Bruxelles pour raison familiale, ne pouvant plus, de ce fait, assurer la gestion de la F.N.C. de Stembert.

Entre 2005 et 2008, la journée commémorative de l’Armistice fut également déplacée au dimanche précédent ou suivant. Il s’agissait d’un « accord » passé par la Ville de Verviers qui s’engageait à réunir une seule manifestation du souvenir regroupant les différentes entités de la Ville. Nous retrouvons un écrit de Monsieur Jacques Maquinay dans les colonnes du « novê LEÛP » n° 345 d’octobre 2005 : « Le 11 novembre deviendrait à Verviers une « JOURNEE de la MEMOIRE », ravivant le souvenir de toutes ces victimes. Nous avons reçu l’assurance que, dans nos écoles, des leçons abordant ces sujets seraient données les jours précédents. Ce serait utile car l’histoire de notre pays est plutôt délaissée actuellement. Nombreux sont nos enfants et petits-enfants qui ignorent les souffrances et les dangers endurés par la population du 10 mai 1940 au 8 mai 1945, il y a de cela soixante ans à peine. Voilà pourquoi la cérémonie de la commémoration de l’Armistice du 11 novembre sera plus importante à Verviers, ce qui n’empêchera pas les autres organisateurs de consacrer une journée à un souvenir local plus spécifique, tel le dimanche 13 novembre 2005 à Stembert. ». Comme ces points ne furent jamais réellement mis en application par la Ville de Verviers, dès l’année 2009, le comité de la F.N.C. de Stembert décida que l’Armistice reviendrait à Stembert à la date du 11 Novembre.

Le jour du V-Day 2007, célébré par un service œcuménique le 29 avril en compagnie des Mottois en visite à Stembert dans le cadre du jumelage entre les deux villages, c’est Monsieur Jacques Maquinay, vice-président de la F.N.C., qui prit la parole au nom du président, Monsieur Louis Delcambe, qui ne pouvait être présent pour raison de santé. Ce sera également le cas pour l’Armistice de 2007 ainsi que les V-Day du 13 mai et 11 Novembre 2008.

Fin de l’année 2008, la F.N.C. de Stembert créa un « diplôme » qui est remis à chaque enfant porte-drapeau et représentant les écoles, les mouvements de jeunesse ou sportifs et les jeunes élus communaux.

Au 1er janvier 2009, Monsieur Jacques Maquinay prit officiellement les rênes de la présidence qu’il assurait par intérim depuis 2007.

En 2009, par manque de membres actifs pour les réaliser, la F.N.C. Stembert arrêta ses collectes du 1er novembre au cimetière de Stembert. Autrefois, les membres se postaient aux deux entrées, celle de la rue du Cimetière et celle de la rue Beaudrifontaine, et prospectaient pour une donation auprès des nombreux passants. L’argent qui était reçu durant toute la journée servait à l’œuvre pendant toute l’année. L’entrée de la rue Beaudrifontaine avait déjà été délaissée au profit de l’entrée principale de la rue du Cimetière à cause du manque d’effectif pour réaliser la collecte en ces deux endroits. Il ne restait plus que l’entrée principale à garder afin de réaliser la récolte des fonds. Mais le manque de forces vives décida le comité restreint à abandonner définitivement les collectes.

En décembre 2009, le président, Monsieur Jacques Maquinay, décéda, entraînant une Assemblée Générale extraordinaire le 7 février 2010. Durant celle-ci, le nouveau président fut nommé : Monsieur Emile Lepaon, petit-fils du premier président de la branche stembertoise de la F.N.C.

Pour le V-Day de l’année 2011, célébré à Stembert le 1er mai, le Lieutenant-Général Guy Buchsenschmidt (ndlr : qui était alors au grade de Général Major), lui-même Stembertois et qui était également Général Commandant de l’Eurocorps, acceptait de devenir le Président d’Honneur de la F.N.C. de Stembert.

En 2012, d’après les chiffres officiels de la section locale stembertoise de la F.N.C., il restait : quatre combattants, huit veuves de combattants et huit sympathisants.

Le dimanche 3 août 2014, pour marquer et célébrer le centenaire du début de la première guerre mondiale (4 août 1914), la F.N.C. de Stembert déposait des gerbes devant le monument aux Morts devant une assistance réduite. Sous un beau soleil d’été, un des derniers anciens combattants stembertois de la seconde guerre mondiale, Monsieur Pierre Germay, déposait la gerbe aux pieds du monument dont la flamme avait été ravivée pour la circonstance. Un geste symbolique pour rappeler le début d’un lourd conflit mondial.

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Après la commémoration du V-Day qui se tint le dimanche 1er mai 2016, la section stembertoise de la F.N.C. décida de mettre fin à ses activités sur Stembert, par manque d’effectif. Le président, Emile Lepaon, signalait son souhait de se retirer. D’emblée, plusieurs personnes emboitèrent le pas pour reprendre le flambeau et la section stembertoise de la F.N.C. afin de perpétuer les commémorations du V-Day et de l’Armistice dans notre village.

Le 11 novembre 2016, le passage de relais eut lieu après les commémorations, entre Monsieur Emile Lepaon et ses successeurs dont Monsieur François Servais qui devint le nouveau président de la section locale stembertoise. A partir de cette année, lorsque les Stembertois prennent le bus pour se rendre au cimetière au mois de mai, ils font un détour vers le monument commémoratif situé à l’ancien stade du Panorama.

Durant l’année 2017, l’étendard de la société fut remis au goût du jour avec un rajeunissement nécessaire et bien mérité qui lui rendit son éclat d’antan.

Le 11 Novembre 2018, à l’occasion du centenaire de la fin de la Grande Guerre, la société locale de la F.N.C. de Stembert mis l’accent sur cet anniversaire lors de la traditionnelle Commémoration avec, notamment au monument aux Morts, des drapeaux américains, anglais et français en supplément des traditionnels drapeaux belges.

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Aujourd’hui, le rôle principal de la F.N.C. est de commémorer la fin des deux guerres mondiales : le 11 Novembre pour celle de 1914-18 et le V-Day (8 mai) pour celle de 1940-45 et de maintenir le Souvenir auprès des populations. Car avec le temps, les anciens de la grande guerre disparurent petit-à-petit. Et aujourd’hui, il en va de même pour celles et ceux qui connurent la seconde guerre mondiale. Le comité et les anciens combattants des deux guerres laissent place à un vide, celui de la mémoire et de la commémoration. Il est cependant heureux de constater que lors des manifestations stembertoises, beaucoup de Stembertois mais également des associations, sociétés et écoles répondent présents. Et durant toutes ces années passées, régulièrement, des membres étaient mis à l’honneur pour leur ancienneté dans l’association avec, parfois, des remises de médailles et des décorations.

La F.N.C. est aussi l’instigatrice du Relais Sacré, prélude du 11 novembre, qui se tient, à Stembert, devant le monument aux Morts de la place de l’église chaque dimanche précédent le jour de l’Armistice.

Si la F.N.C. de Stembert possède son drapeau, il existe une petite anecdote avec l’étendard de la F.N.C. d’Heusy. Ce dernier fut apporté presque par hasard à Messieurs Emile Lepaon et Henri Drosson par deux dames qui ne savaient trop qu’en faire après en avoir hérité. Pour éviter que le drapeau ne termine au fond d’un grenier ou pire, les Stembertois prirent le drapeau pour le sortir aussi souvent que possible.

 

 

 

 

 

 

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