La Lande stembertoise

Le lieu-dit « La Lande » était un vaste espace naturel compris entre le Chaineux, qui débute avec les terrains situés juste à l’arrière du Château des Moines, l’ancien chemin de la rue du Cimetière, la rue de la Lande (autrefois chemin du Chaineux), la rue de Halleur et les campagnes de Halleur, le chemin Menotte. Soit un long plateau qui surplombait le cimetière, la ferme Marron (dont une des prairies un peu plus éloignées était réputée pour ses glissages en traineau) et le Val du Cossart. Une lande « aride » qui couvrait quelques hectares (environs 50.000 mètres carrés), sentant bon la bruyère, les mûriers et les églantiers ; un espace de liberté pour les lapins qui s’y multipliaient et y gambadaient.

Lande 2

Ce vaste espace commença à être touché par les diverses constructions, notamment les rues de la Wallonie et de l’Armée secrète, ainsi que par des habitations dans la rue de Halleur ainsi que par quelques fermes et bâtisses rénovées dans le lieu-dit « Alibaba » menant vers la rue Beaudrifontaine. Sans oublier les maisons du chemin Malvoie qui longe le château des Moines.

La Lande était principalement constituée de bruyère et de buissons de différentes essences et les enfants prenaient un malin plaisir à se cacher dans les roches grises qui jalonnaient l’endroit.

Une grande partie de cette lande appartenait à un promoteur bruxellois dont on ne sait exactement comment il s’était, à l’époque, procuré les terrains. Des politiciens stembertois d’abord puis qui œuvrèrent par la suite pour la Ville de Verviers proposèrent le rachat du terrain. Mais l’idée ne fut pas suivie et l’enthousiasme de la protection de ce lieu naturel ne semblait pas être une priorité pour les édiles verviétois.

Entre 1976 et 1979, on retrouve plusieurs articles dans les mensuels « Lu Leûp » qui traitent du sujet : va-t-on ou non construire sur le Chaineux ? Un « Comité de Défense du Chaineux » vit le jour afin de défendre ce lieu. Finalement, au début de l’année 1980, les riverains criaient « victoire » car la Ville de Verviers montrait sa volonté de n’y permettre aucune construction afin de préserver cet espace naturel en l’état.

En 1982, un Ministre décidait même qu’il serait possible de classer le site. Mais les autorités communales verviétoise, malgré la présence de deux ministres régionaux, en avaient-elles réellement envie ? Car déjà, différentes parcelles avaient été vendues et certaines bâties.

En 1997, la Chasse aux Œufs était organisée, pour les plus grands des enfants participants, dans la partie de la lande qui restait encore vierge.

Dans le mensuel « LU novê LEÛP » n° 302 de novembre 2001, on évoque une réunion suite à une décision du Collège communal qui a examiné une proposition d’aménagement en espace vert du terrain communal situé entre le chemin Menotte et le chemin de la Lande. Lors de la réunion du 9 octobre 2001 à Chanteloup, les représentants communaux ont exprimés leur volonté d’un grand coup de nettoyage et de débroussaillage avant d’y planter des arbres et des haies libres tout en aménageant des aires de repos, des bancs et des poubelles. Mais déjà à l’époque, certains riverains avaient exprimé des problèmes d’insécurité, de bruit, de saleté telles les canettes, seringues et autres détritus.

En octobre 2002, soit une année après cette réunion de consultation d'octobre 2001, le Conseil communal de Verviers décida d'une séance pour soumettre aux habitants un nouveau projet pour l'aménagement du site. L'article nous apprend que le terrain sera nettoyé, que l'on y fera un chemin empierré qui sera fermé par des bornes amovibles et que ce chemin viendra faire jonction avec la promenade tout près des prés de fauche qui gardera une partie de de Lande du Chaineux.

Lande 02 plan octobre 2002

Il faut ensuite patienter pour découvrir dans le mensuel « LU novê LEÛP » n°338 de février 2005 la suite du programme prévu pour la Lande stembertoise. Derrière un titre aguicheur en première page intitulée : « Sauvez la Lande du Chaineux car elle est en péril », on retrouve, en page n° 12, un texte très clair : « ce qui nous reste de la Lande du Chaineux est en péril… Il est grand temps de réagir ! ». Effectivement il existait bel et bien un projet de construction sur le sommet du Chaineux, en plein dans le dernier site de la lande subsistant sur le territoire de Stembert. Malgré le fait qu’en 1999, dans le cadre de son plan communal de développement de la nature, la Ville de Verviers faisait dresser un inventaire des sites naturels prioritaires à sauver. Même l'Université de Liège, auteur de cette étude, recommandait vivement de sauver les derniers vestiges de cette végétation typique (bruyères, chênaie à myrtilles, callunes,…).

Finalement, dans les années qui suivirent, petit-à-petit, les constructions poussèrent et la lande ne fut plus qu’un souvenir.

 

 

 

 

 

 

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