Le Barrage de La Gileppe

Le barrage de la Gileppe est l’un des plus anciens d’Europe, le premier en Belgique, construit entre 1869 et 1878 suite aux nombreuses et récurrentes demandes faites dès 1838 par les industriels lainiers verviétois qui souhaitaient disposer quotidiennement d’une quarantaine de milliers de litres d’eau pure nécessaire à l’industrie de la laine et que la Vesdre seule, pourtant réputée pour la qualité de ses eaux pour le traitement de la laine, ne pouvait plus leur offrir.

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En 1860, la Ville de Verviers déposa officiellement une demande de construction d’un réservoir dans la vallée de La Gileppe d’après des plans tirés en décembre 1859 par l’ingénieur Eugène Bidaut (né à Liège en 1808 et décédé en 1868) sur demande du gouvernement dès 1857. 

En 1867, les premiers coups de pioche étaient donnés pour le début des travaux d’aménagement du site. 

Le 9 octobre 1869, le bourgmestre verviétois Ortmans-Hauzeur, connu pour avoir amené l’eau dans la ville de Verviers, posait la première pierre de l’ouvrage conçu par l’ingénieur Bidaut. 

Bien que mis sous eaux en mai 1875, l’inauguration du barrage de la Gileppe n’eut lieu que trois années plus tard, le 28 juillet 1878 en présence du roi Léopold II et d’une abondance de spectateurs. L’ouvrage avait coûté la bagatelle de 11,5 millions de francs or. 

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Barrage de type poids situé dans les Hautes-Fagnes, le lac est principalement alimenté par les eaux des ruisseaux de la Gileppe et du Louba (aussi nommé Raboru) issu, lui, des hauteurs de Jalhay.

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La capacité de contenance du lac était alors de 12 millions de mètres cubes, capacité portée à plus de 13 millions de mètres cubes après les aménagements des déversoirs à la suite de la sécheresse de 1921. La superficie totale couvrait à l’époque 86 hectares.

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Entre 1950 et 1953, l’on construisit le « Tunnel de la Soor », long d’environ 2,5 kilomètres pour 2,30 mètres de diamètre, afin d’amener les eaux de la Soor dans le barrage. Lors de la construction, le 8 juillet 1952, un brutal orage sur le plateau coûta la vie à huit ouvriers, sept Italiens et un Belge, ayant décidé de revenir vers la Soor par le tunnel lui-même. Ils périrent engloutis sous un débit passé à 70 m³ par seconde. 

En 1967, le Ministère des Travaux publics décida de rénover et de surhausser l’ancien barrage d’une bonne dizaine de mètres. La retenue fut vidée en janvier 1969 et la ville de Verviers alimentée à partir du réservoir d’Eupen. 

Les travaux durèrent jusqu’en 1971 et, modernité oblige, utilisait désormais la technique du barrage-pression. Ce fut le roi Baudouin qui inaugura le barrage surhaussé le 20 octobre 1971.

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Ces travaux engendrèrent une augmentation de sa capacité de retenue qui, aujourd’hui encore, est portée à 26,5 millions de mètres cubes pour une superficie totale de 130 hectares.

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Situé dans la partie orientale de l’Hertogenwald, il est aujourd’hui utilisé, à l’instar du barrage d’Eupen, pour la production d’eau alimentaire. 

Les pentes escarpées entourant le lac de la Gileppe offrent une multitude de possibilités de balade pour les marcheurs et les cyclistes dans des forêts où vivent en liberté de nombreux animaux. 

En période sèche, le niveau de l’eau peut descendre jusqu’à offrir aux spectateurs, les anciens sentiers aux bords du lac.

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Le lac du barrage de la Gileppe s’étend sur 2,5 kilomètres de long. 

La largeur du mur de retenue mesure 82 mètres de long à sa base et 235 mètres de long au sommet et l’épaisseur du mur est de 66 mètres à sa base et de 15 mètres en son sommet. 

Le volume de maçonnerie représente 258,323 m³ pour un poids avoisinant les 800 millions de kilos.

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Deux tours de prise d’eau d’une hauteur de 75 mètres chacune sont sises dans le lac à proximité du barrage. Elles permettent un captage d’eau plus pure, à distance des berges et surtout un captage à des hauteurs différentes ce qui permet d’avoir accès à la meilleure eau du moment. L’eau est envoyée à la station de traitement de Stembert via un aqueduc long de 9 km, haut de 2,4 m, large de 2,25 m et doté d’une pente de 15 cm par kilomètre. L’excédent disponible est pompé dans l’adduction reliant les installations du barrage de la Vesdre (Eupen) à l’agglomération liégeoise.

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La centrale hydro-électrique récupère l’énergie de la chute d’eau qu’il y a entre le point de captage et la vallée, d’un dénivelé de 42,9 m avec un débit moyen de 76.300 m³/jour. Ce qui représente un potentiel hydraulique important pour toute notre région. 

Le niveau maximum du lac est situé à 300 mètres alors que le mur du barrage culmine à 305 m. Cette marge est calculée pour résister à une crue « millénaire » mais, pour parer à toute éventualité, un déversoir permet l’évacuation de 185 m³/sec. En cas de menace de rupture, glissement de terrain ou autre infiltration, le lac pourrait être vidé en trois jours. 

Un lion monumental de 13,5 mètres de haut et d’un poids de 130 tonnes orne le barrage. Il est l’œuvre de Antoine-Félix Bouré, et est taillé dans des éléments de grès tendre de la vallée de la Sûre. Il est constitué de 183 blocs pouvant peser jusqu’à 7 tonnes/pièce et il fallut plus d’un an pour sculpter le lion. Le monument avec le socle mesure 21,5 mètres de haut, 16 mètres de long et 5 mètres de large et a coûté à l’époque la somme de 33.000 francs belges (soit l’équivalent de 818,05 €). Seul bémol, A. F. Bouré fut le seul « oublié » lors de l’inauguration officielle du barrage en présence du roi Léopold II.

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Le barrage s’est doté d’une Tour Belvédère panoramique avec vue sur l’Hertogenwald. La tour, haute de 78 mètres, abrite un centre d’informations et un restaurant-brasserie de qualité. Remise en service en 2012, oubliant les problèmes techniques passés, l’endroit s’est doté d’attractions pour enfants et adultes.

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