L'Histoire de Mangombroux

L’Histoire de Mangombroux est très étroitement liée à celle de Stembert, bien que ce coin reculé ait toujours connu sa propre « vie locale et associative ». Le lieudit est devenu un hameau qui a grandi pour évoluer en un petit village s’étendant sur plusieurs communes.

Plusieurs ruisseaux devaient dévaler les pentes des collines boisées, coulant vers la vallée de la Vesdre sur des terres assez pauvres. Plusieurs recherches archéologiques ont permis de mettre à jour des objets datés du néolithique, d’environ 2.500 ans avant notre ère du côté de Mariomont. Il devait exister plusieurs endroits habités dans la vallée, souvent en hauteur et non à proximité des bords des cours d’eau. On sait que lors de la période gallo-romaine, une ancienne voie reliait Verviers à Jalhay, traversant Sècheval.

Si la population s’est installée à cet endroit, c’est sans aucun doute grâce à l’eau et aux ruisseaux qui s’y trouvaient. Le ruisseau de Mangombroux a notamment permis l’installation du moulin banal de Mangombroux, mentionné pour la première fois en 1334. Grâce aux ruisseaux venant des plateaux fagnards, les eaux présentaient les caractéristiques nécessaires pour le traitement de la laine.

Et Mangombroux ne fut pas en reste puisque la première foulerie (endroit où l’on dégraissait la laine avant de la feutrer et de resserrer les fils), connue dans le vallon de Mangombroux fut la foulerie de « la Heid de Chaineux » accordée par un octroi du 7 mai 1464. Même si la principale foulerie était celle de Sècheval nommée également « foulerie de Formonfosse », « foulerie de l’Agolina » ou encore « foulerie du pré alle semme » (une semme était un atelier d’aiguisage). Cette dernière fut en activité entre 1479 et 1505.

Deux autres fouleries existaient : une installée en amont du moulin banal par un octroi du 4 mai 1510 et qui s’appelait « foulerie entre deux Chaineux, au-dessus de la Mockrie » et l’autre, installée en 1606 dans le bâtiment du moulin Floba.

Les autres richesses et ressources de Mangombroux étaient les carrières, les fours à chaux et les briqueteries. Beaucoup de carrières de calcaire ont été exploitées ainsi qu’une exploitation calaminaire en 1846. La plus ancienne carrière de calcaire semble avoir été celle située au lieudit Wiony qui est mentionnée pour la première fois en 1654. Mais d’autres ont été également exploitées. Les carrières « Foxhalle » et « Goulet » fournissaient, quant à elles, des pierres de constructions. Pour les fours à chaux, le plus ancien connu semble avoir appartenu à Jehan Ka et est déjà cité en 1551. Plusieurs briqueteries ont aussi fonctionné dans le vallon, la dernière qui était en activité jusqu’en 1935 se tenait sur les terrains occupés aujourd’hui par le magasin Delhaize de Stembert.

D’autres vestiges de l’industrie métallurgique, source de revenus importants au Moyen Âge pour les habitants du Marquisat de Franchimont, ont aussi été retrouvés. Notamment le « fourneau Colin » nommé dans plusieurs actes concernant le moulin Floba. Au 17ème siècle, un cloutier du nom de Mieget résidait à Mangombroux. D’autres cloutiers ont aussi vécu dans le vallon.

N’ayant jamais connu le statut de commune, Mangombroux a toujours été dépendant et écartelé entre plusieurs tutelles administratives, religieuses et judiciaires.

Les rapports entre les Stembertois et habitants de Mangombroux se limitaient sans doute au minimum, dès 1656 et l’élévation de Stembert en commune à part entière, les voies de communication étant limitées entre les deux entités. Bien qu’en 1767, les treize familles de Mangombroux qui dépendaient de Theux demandèrent à pouvoir être administrées par Stembert afin d’avoir un chemin moins long à parcourir afin de se rendre à l’administration.

Cette situation perdura deux siècles avant l’élévation de Heusy en commune en 1837. Mangombroux était alors scindé entre quatre communes : Stembert, Heusy, Jalhay et Polleur. Et comme chacune des parties de Mangombroux se situait sur une entité différente avec des règlementations dissemblables, cela n’arrangea en rien le développement administratif et l’on dut souvent recourir à l’intercommunalité, comme pour l’école.

Fin du 19ème siècle, la population stagnante du hameau évolua rapidement. On nomma même un garde-champêtre : Nicolas Chapelle en 1894, soit deux ans après les premières demandes introduites par les habitants du lieu auprès des trois communes de Stembert, Heusy et Polleur. Cependant, en janvier 1895, Stembert décida de ne plus payer le garde-champêtre, évoquant le fait de ne s’être engagée qu’à le faire temporairement. Nicolas Chapelle démissionna en 1896, laissant Mangombroux sans garde-champêtre. Puis, en fin de cette même année 1896, Henri Mauhin fut nommé garde-champêtre et il resta en place jusqu’en 1932. Lui succéda alors Lucien Wilkin qui resta en fonction jusqu’en 1953.

Au début du 20ème siècle, une société nommée « Les Economes » était une coopérative active à Mangombroux. Elle devint, après la première guerre mondiale, l’Union Coopérative, une association de commerçants locaux qui ne tint pas très longtemps.

A la suite de l’incendie du Moulin banal en 1931, il fallait noter que « l’inter communalisation » ne fonctionnait pas des mieux, nuisant notamment à l’efficacité du service incendie, malgré la création d’un corps de pompiers volontaires en 1909.

Les premiers services postaux furent assurés dès 1963 par un facteur motorisé. Il fallut encore attendre quelques années avant de voir un bureau de poste s’installer  route de Jalhay,  local très petit, pas moyen d’entrer avec une poussette et sous l’impulsion des Equipes populaire  elle s’installe avenue Reine Astrid, bureau qui fut définitivement fermé en 2009.

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