Deux représentations connues du blason

Jean le Pas de Sécheval, toujours dans son livre « La famille « de Stembert » et celles qui en sont issues », évoque : « un vitrail datant de 1632 qui ornait autrefois l’église des Récollets de Ver-viers, mais avec des variantes » (voir la rubrique « La tige cadette », Pierre de Stembert) et « un vitrail placé dès le début du XIXème siècle dans l’église Saint-Servais à Liège par le chevalier de Stembert, descendant des « Hubin de Stembert » et ayant repris les armes de la tige cadet-te » (voir la rubrique « Survie du patronyme par la 1ère ramification », Lambert Marie chevalier de Stembert). Deux endroits ainsi marqués par le sceau de la famille stembertoise dans deux églises relativement importantes de la Principauté de Liège.

En ce qui concerne l’église des Récollets, elle fut fondée en 1620, au début du XVIIème siècle, par des religieux franciscains nommés « Récollets », congrégation créée vers 1484 en Espagne. L’ensemble du domaine des Récollets était plus vaste que l’église actuelle avec un manoir, un oratoire, un couvent et, dès 1627, un collège où ils prodiguaient leur savoir. Heureuse de posséder en eux toutes les ressources nécessaires pour éclairer la jeunesse locale, la cité verviétoise leur facilita l’acquisition d’un vaste terrain « dans le grand Werihas, proche la rivière ». Le 30 mars 1631, ils débutaient les fondements de leur couvent et, à la fin de la même année, les religieux achevaient un manoir pour y résider. La rapidité de la construction de l’oratoire donna comme résultat qu’il fallut le démolir, reprendre la construction et il ne fut finalement achevé qu’en 1639.

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C’est entre 1632 (année de réalisation et du placement du vitrail) et 1639 (année de la reconstruction terminée) que les « Hubin de Stembert » récupérèrent le vitrail et le transportèrent dans leur maison de Stembert où sa présence est attestée avant 1754. Donc ce vitrail a disparu, au plus tard, avec le domaine familial des « de Stembert » (voir la rubrique « les propriétés des de Stembert » plus loin dans le texte).

L’histoire de cette église est très longue et très riche. Elle fut soumise à des destructions dues principalement aux passages des troupes protestantes ainsi que, dès la mise sur pied de la première république, par les troupes française qui dévalisaient et pillaient sans vergogne les lieux de culte.

Un incendie la détruisit presqu’entièrement en 1810. L’ancienne tour de l’église était de forme très élégante, s’élevait au-dessus du chœur et présentait une flèche élancée, soutenue de huit colonnes alternées par des arcades à jour entre lesquelles les cloches étaient étalées (voir la représentation de 1789 plus en avant dans ce texte). La tour actuelle est bâtie sur l’arrière de l’ancienne église comme nous le constatons sur les photos ci-dessous :

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De l’église primitive, il reste encore une grande partie des murs de l’enceinte actuelle, mais le point resté intact est la vaste paroi où s’élève l’image de la sainte Vierge.

Quant à l’église liégeoise Saint-Servais où Jean le Pas de Sécheval cite un second vitrail aux armoiries de la famille stembertoise, c’est une paroisse depuis l’an 1189 (les plus anciennes archives datent de cette année) mais probablement fondée plus tôt, en 933, par l’évêque Richer. Il s’agit de l’une des plus anciennes et des plus populaires de Liège. Elle fut détruite le 21 août 1981 par un violent incendie criminel. Aucun des vitraux ne résista au terrible sinistre. Cette église se situe juste au-dessus de la gare de Liège-Palais, d’ailleurs, des quais, l’on aperçoit bien l’édifice.

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Heureusement, grâce à nos investigations rondement menées, nous avons réussi à retrouver une ancienne photo en noir et blanc prise avant l’incendie de 1981. Ce vitrail porte le nom de « l’Adoration des Bergers » et fut offert en 1849 par Lambert Marie, chevalier de Stembert, lors de la restauration effectuée par Monsieur Jean-Baptiste Capronnier.

Eglise saint servais vitrail de stembert adoration des bergers 01

Jean-Baptiste Capronnier était un peintre verrier d’origine française, né à Paris le 1er février 1814 et décédé à Schaerbeek le 31 juillet 1891. En cette même année de 1849, deux autres vitraux provenant d’autres généreux donateurs furent réalisés : « Adoration des Mages » et « Circoncision ».

En 1850, trois autres vitraux, également subsidiés par des bienfaiteurs philanthropiques, complétèrent la remise en ordre des six verrières de cet ancien sanctuaire religieux : « La Résurrection », « L’Ascension » et « L’Assomption ».

Si l’on y prête bien attention, l’armoirie présente, dans sa partie gauche située en bas et partiellement cachée par un montant du vitrail, le blason de la famille « de Stembert » :

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Du côté droit, il s’agit des armes de la famille « de Fisenne », du nom de l’épouse du chevalier de Stembert, Madame Elisabeth Walburge Madeleine Auguste Claire Marie de Fisenne, qui furent, tous deux, mécènes de ce vitrail en 1849, lors des réparations majeures que devait subir l’église entre 1848 et 1851 (voir la rubrique « une famille s’éteint »).

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