Le dernier des « de Stembert »

Après de nombreux échanges par courriel et un grand intérêt réciproquement porté entre Charles Destembert et notre « novê LEÛP », il s’avère être incontestablement le dernier descendant « mâle » connu de la famille « de Stembert ». Celle-là même qui « régna » sur le village, considérée comme « la plus ancienne, la plus notable et la plus répandue des familles au ban de Verviers » durant plu-sieurs siècles, « entre le XIVème et la fin de l’Ancien Régime » dixit Monsieur Jean le Pas de Sécheval dans la généalogie réalisée sur cette famille stembertoise. Nous avons dressé un constat : la famille « de Stembert » était déjà présente à la fin du XIIIème siècle à Stembert et pas seulement à partir du XIVème siècle.

Et Charles Destembert serait manifestement le dernier puisque son seul enfant est… une fille, au-jourd’hui l’unique héritière d’un riche passé chargé d’histoire.

C’est après un long et fructueux travail de recherche, de part et d’autre de l’Atlantique, pour tenter de compléter la vie et l’histoire bien complexe de notre petit village et de la famille de Monsieur Destembert, que nous avons pu arriver à ces conclusions ! Notamment par la convergence de beaucoup de points qui prouvent la réelle filiation entre Charles Destembert et la famille qui vécut dans notre village durant environ cinq cent cinquante ans, notamment le fait que les troupes françaises (comme bien d’autres) sont passées par notre village, y installant quelquefois leur campement au détriment de la population locale (voir la rubrique « la fin d’un règne et énigmes sibyllines »).

Qui eut cru qu’un jour, des pans de l’histoire de Stembert passeraient par l’Amérique du Sud ? Et de pouvoir affirmer que sans l’existence et l’utilisation des technologies actuelles, nous n’en serions assu-rément pas arrivés à ces résultats !

Une question pertinente persiste cependant : à quel moment le patronyme « de Stembert » devint-il « Destembert », en un mot, perdant de sa superbe avec la suppression de la petite mais prestigieuse particule « de » ? Nous n’en savons rien. S’agit-il d’une erreur administrative ou d’une volonté de séparation vis-à-vis du passé ? Le petit « de », évocateur de la noblesse, semblait-il peut-être de trop ou excessivement encombrant par rapport à la vie menée ? Ou bien l’engagement dans l’armée napoléonienne suggérait-il la disparition de cette particule, que ce soit par obligation, par retenue ou par alignement des conditions vis-à-vis des autres soldats vraisemblablement issus, eux, de la non-bourgeoisie ?

Aucune réponse ne peut aujourd’hui être apportée, malheureusement. Mais le témoignage bien vivant de Charles Destembert est inéluctablement la meilleure archive que nous puissions rencontrer. Et par là-même, la plus belle façon de réviser la propre histoire de Stembert en apportant quelques informations supplémentaires qui complètent d’une manière fort appropriée nos connaissances sur la matière.

Naturellement, nous ne pouvons nier qu’il n’existe peut-être d’autres patronymes « Destembert » ou même « Stembert » qui seraient, eux aussi, des descendants de la famille locale. Mais nous n’en avons pas connaissance et, du côté de Monsieur Charles Destembert, il est bel et bien le dernier.

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