Survie du patronyme par la première ramification

Jean Remacle Hubin de Stembert, cité en tout premier lieu du chapitre précédent, le premier fils de Remacle Jean Hubin, est né vers 1546. Vers 1575, il épousa Willemkenne Blancheteste qui fut enterrée à Stembert le 11 février 1636. Il fut commissaire juré du ban de Verviers au moins de 1598 à 1611. Jean Remacle Hubin de Stembert est décédé entre le 14 mars 1612 et le 18 décembre 1614. De cette union étaient nés au moins trois enfants :

1.

Anne Hubin de Stembert, baptisée à Verviers le 23 novembre 1575, épousa vers 1595, Jean Hubert de Mollin. Malade et alitée, ils testèrent (effectuèrent un testament) le 28 avril 1599. Ils eurent deux enfants : Guillemine de Mollin et Hubert de Mollin.

2.

Henry Jean Remacle Hubin de Stembert, né en mars 1578, épousa, par contrat du 20 juin 1603, Ailid Ansillon, décédée le 17 novembre 1658. Il devint, avec Pierre de Stembert, le tuteur du jeune Jean V de Stembert. Après les décès de Pierre de Stembert en 1634 et de Jean V de Stembert en 1637, Henry Jean Remacle Hubin de Stembert recueilli l’office conjointement aux parents survivants de l’autre ligne, Marguerite de Stembert et son époux. Il fut, comme son père, commissaire du ban de Verviers au moins de 1621 à 1648. Il décéda en novembre 1659. Ils avaient eu six enfants :

2.1 Pierre Henry Remacle de Stembert, resta célibataire.
2.2 Jean Remacle Hubin de Stembert, que nous suivrons attentivement et plus en détails ci-après.
2.3 Willemkenne Remacle Hubin de Stembert épousa à Stembert, le 24 mars 1629, Bertrand Louys alias le jeune Bertrand, bourgmestre et commissaire de Verviers. Elle fut inhumée à Verviers le 18 mars 1652. Ils eurent 7 enfants : Bertrand Louys, Pierre, Louis, Ailid, Jean, Marie et Henry.
2.4 Anne Remacle Hubin de Stembert baptisée à Stembert le 16 novembre 1625, elle épousa, le 13 janvier 1649, Philippe de Limbourg, échevin de Theux. Anne mourut le 28 mars 1684.
2.5 Marie Hubin de Stembert, infirme de parole, citée à diverses reprises depuis le 23 juin 1660.
2.6 Ailid de Stembert, frappée de la même infirmité et mentionnée depuis le 24 juin 1661.

3.

 

 

 

Marie Hubin de Stembert, baptisée à Verviers en avril 1582 et décédée le 24 février 1614. Elle fut la seconde épouse de Nicolas II de Stembert, mourant quatre jours après avoir donné naissance à son fils, Jean V de Stembert.

Le deuxième fils de Henry Jean Remacle Hubin de Stembert, Jean Remacle Hubin de Stembert, cité en point « 2.2 » ci-avant dans le texte, est né en 1615 selon le mémoire généalogique dressé par lui-même en mars 1660. Il est fort probable qu’il exerça très jeune les fonctions de bourgmestres de Verviers. Il fut en charge de cette tâche de 1642 à 1644, de 1648 à 1651 et de 1655 à 1657. Il faut également commissaire du ban de Verviers au moins depuis 1653. Il exécuta d’autres charges publiques : mambour des pauvres entre 1660 et 1666, député et administrateur des revenus de l’hôpital nouveau en 1664, co-décimateur (partageur des dîmes) de l’abbaye Val-Benoît à Verviers. C’est à ce titre qu’il fit placer une serrure à la cloche de l’église. Le 18 janvier 1640, il épousait Anne Moreau. Jean Remacle Hubin de Stembert mourut le 11 juin 1672. Sa pierre tombale est également conservée au Musée communal de Verviers. C’est à partir de cette génération que le patronyme « de Stembert » fut uniquement repris. Il eut six enfants :

1.

Henry de Stembert, baptisé le 25 octobre 1640, il mourut en 1719, inhumé dans la chapelle Saint-Jérôme de la collégiale de Maastricht.

2.

Jeanne de Stembert, baptisée le 28 août 1642, elle épousa Jean Lezaack le 30 juin 1668. Jeanne de Stembert décéda le 22 août 1685, ayant eu six enfants : Marie-Anne épouse de Jules de la Haye, Jean-Henri, Jeanne, Jean-François, Albert-Joseph et Henri-Guillaume.

3.

Jean Remacle de Stembert, baptisé le 26 octobre 1645, épousa Marie-Jeanne Salomé de Mathelin, paroissienne de Longchamps au Duché de Luxembourg, grâce à une attestation du curé de Verviers délivrée le 24 novembre 1674. Comme d’autres notables franchimontois, les « de Stembert » prirent parti pour la France lorsque Louis XIV émit des prétentions de souveraineté sur le marquisat. En avril 1681, Jean Remacle de Stembert proclama cette souveraineté et somma la magistrature et le mayeur de Verviers de prêter foi et hommage à ce prince et exigea le relief des fiefs et offices en état. Après la renonciation de Louis XIV, la politique de clémence du prince de Liège aboutit à une amnistie de fait et Jean Remacle de Stembert conserva ses fonctions. Le 6 août 1690, il tenta vainement de détourner par Andrimont un détachement d’infanterie brandebourgeois qui, en route pour Baelen, se dirigeait vers Stembert. Devant la menace, le seigneur d’Andrimont, Gilles de Fays, accourut pour s’interposer et, grâce à sa parfaite connaissance de l’allemand, obtint gain de cause en invoquant le mauvais état des chemins et la disette d’eau qui sévissait dans la seigneurie. Jean Remacle de Stembert mourut en juillet 1713 et, avec son épouse, ils avaient eu six enfants :

3.1 Jean Henry Joseph de Stembert, baptisé à Verviers le 13 septembre 1677. Il fut lieutenant-gouverneur du marquisat de Franchimont et désigné curateur et receveur de Jalhay en 1755. Il mourut célibataire à Stembert le 2 octobre 1755.
3.2 Jean Antoine de Stembert, baptisé à Verviers le 16 novembre 1679. En 1706, il était lieutenant au régiment d’Alsace. Il avait disparu en 1711 lorsque, dans son testament, sa tante Ida Drolenvaux, prévoit pour lui un legs de mille écus, au cas où il se retrouveroit.
3.3 Emmanuel Maximilien Guillaume de Stembert, baptisé à Stembert le 6 juin 1681 et décédé dans cette localité le 18 mars 1687.
3.4 Marie Joseph de Stembert, baptisée à Stembert le 16 juin 1683, fut choisie en 1699, comme la marraine de la plus ancienne des cloches de l’église de Stembert, comme en témoigne l’inscription qui y est gravée : « SANCTE NICOLAE ET BARBARA ORATE PRO NOBIS – JOANNES FRANCISCUS LEZAAK JVRISCONSUL ET MARIA JOSEPH DE STEMBERT – PASTORE R. DETHIER – PAVLVS GRONGNART LEODVS ME FECIT ANNO 1699 » soit « Saint-Nicolas et Sainte-Barbe, priez pour nous. – Jean-François Lezaak jurisconsulte et Marie-Josèphe de Stembert. – Pasteur R. Dethier. – Paul Grongnart m’a faite an 1699 ». En 1711, elle était carmélite de Saint-Léonard à Liège.
3.5 Anne Thérèse de Stembert, baptisée à Stembert le 1er juin 1685, mourut jeune.
3.6 Jeanne Constance de Stembert, baptisée à Stembert le 10 décembre 1686, seule héritière de son frère aîné Jean Henry Joseph de Stembert, devint, à son décès, voueresse (vouée) héréditaire du ban de Verviers. Le 8 août 1757, par acte notarié, elle céda l’exercice de l’avouerie à son cousin Lambert-Ignace de Stembert. Elle mourut sans alliance à Stembert le 2 mars 1770.

4.

Pierre de Stembert fut baptisé le 2 février 1648. Le 2 mars 1676, le « corps des commissaires » ou « corps sénatorial » de la ville de Verviers le désigna pour remplacer un de ses membres. Il fut élu bourgmestre de la Ville de Verviers à quatre reprises, les 13 septembre 1684, 5 septembre 1690, 4 septembre 1696 et 24 août 1700. A ce titre, il posa la première pierre, le 2 septembre 1700, de la chapelle des Récollets. En septembre 1670, il épousa Anne Heuse. Il survécu plus de trente-quatre ans à son épouse et fut enterré le 13 janvier 1733. Ils avaient eu huit enfants :

4.1 Jean-François de Stembert que nous étudierons en détail plus loin dans le texte.
4.2 N…, enfant nouveau-né enterré dans l’enclos des Sépulchrines (couvent dit des Bons Enfants) de Verviers, le 19 décembre 1672.
4.3 Pierre de Stembert, ondoyé par son père (a reçu l’eau sur la tête au nom de la Sainte Trinité mais sans observer les autres cérémonies du baptême) puis baptisé sous condition le 20 décembre 1673. Il mourut jeune.
4.4 Marie Anne de Stembert, jumelle de Pierre de Stembert, fut baptisée le 20 décembre 1673. Elle fut inhumée dans l’enclos des Sépulchrines (couvent dit des Bons Enfants), soit le 20 février 1674, soit le 1er décembre 1675.
4.5 Marie Ida de Stembert, baptisée à Verviers le 5 mai 1675. Elle mourut célibataire à Verviers le 21 janvier 1755.
4.6 Anne Gertrude de Stembert, jumelle de Marie Ida de Stembert, fut baptisée le 5 mai 1675. Elle mourut célibataire à Verviers le 20 juillet 1729.
4.7 Henry Joseph de Stembert, baptisé le 2 octobre 1678, reprit, le 23 décembre 1715, la prébende (un revenu strictement attaché à un canonicat, charge ecclésiastique du chanoine et qui représente son bénéfice ecclésiastique) à la collégiale Saint-Servais à Maastricht. Il mourut à Verviers le 28 février 1731.
4.8 Pierre Eloi de Stembert, jumeau de Henry Joseph de Stembert, baptisé à Verviers sous condition le 2 octobre 1678, mourut également jeune.

5.

Ailid de Stembert fut baptisé à Verviers le 5 juin 1650. Elle dut mourir dans l’enfance.

6.

Nicolas de Stembert fut baptisé à Verviers le 30 juillet 1651. Il dut mourir dans l’enfance.

Revenons maintenant à Jean-François de Stembert, cité au point « 4.1 » ci-dessus. Il naquit à Verviers le 29 juillet 1671. Licencié ès droit, il fut reçu avocat à la cour spirituelle de Liège le 27 mars 1702. Le 17 janvier 1699, en vertu des lettres délivrées l’avant-veille par le curé de Verviers, il épousa Barbe de Tru. Il mourut le 1er septembre 1726. Ils eurent neuf enfants dont les sept premiers sont nés à Verviers et les deux derniers à Maastricht :

1. Pierre Joseph de Stembert, baptisé à Verviers le 20 février 1700, décéda à l’âge de quatre ans.
2. Lambert Ignace de Stembert que nous étudierons un peu plus loin dans cet article.
3. N. de Stembert qui naquit soit vers l’été 1702, soit au début de l’année 1703 et qui fut inhumé chez les Capucins, soit le 6 avril, soit le 22 novembre 1703.
4. N. de Stembert, enfant probablement jumeau du N. de Stembert cité au point 3 ci-dessus. Egalement né soit vers l’été 1702, soit au début de l’année 1703 et qui fut inhumé chez les Capucins, soit le 6 avril, soit le 22 novembre 1703.
5. Pierre Henry Eleazar de Stembert, baptisé à Verviers le 21 janvier 1705, mourut jeune.
6. Anne Agnès Henrica de Stembert, baptisée à Verviers le 20 décembre 1702, mourut aussi en bas-âge.
7. Agnès Louise Josèphe de Stembert, baptisée à Verviers le 23 mars 1707, mourut également jeune.
8. Anne Marie de Stembert, baptisée à Maastricht, paroisse Saint-Nicolas, le 2 août 1709, épousa, Denis de Jaer à Liège, le 2 mai 1729. Elle fut inhumée à Liège, le 21 novembre 1744.
9. Barbe Louise de Stembert, baptisée à Maastricht, paroisse Saint-Nicolas, le 11 novembre 1712, elle épousa, à Liège par dispense du troisième degré, le 11 février 1730, Henri Michel Albert de Mélotte, Chevalier du Saint Empire, seigneur d’Oplinter, Omal, Vaux-Borset et Raive, licencié ès-lois, avocat, conseiller à la cour allodiale (fonds de terre, soit noble, soit roturier, exempt de tous les droits et devoirs féodaux), bourgmestre de Liège et conseiller perpétuel de la cité. Elle décéda à Liège le 2 décembre 1744.

Le deuxième enfant de Jean-François de Stembert, Lambert Ignace de Stembert, cité au point « 2. » ci-dessus, fut baptisé à Verviers le 25 octobre 1701. Jurisconsulte et avocat, il prit le droit de bourgeoisie (qui permettait à son titulaire, durant l’Ancien Régime, de dépendre de la commune et non d’un suzerain autre que le roi) à Liège le 28 septembre 1729. Il épousa, le 14 juin 1734, Marie Anne Josèphe de Louvrex, fille du célèbre jurisconsulte Mathias Guillaume de Louvrex, seigneur de Ramelot, bourgmestre et échevin de Liège, membre du Conseil privé de la Régence impériale puis du Conseil privé du Prince. Le couple était installé dans la paroisse Saint Servais où Marie Anne Josèphe mourut le 17 avril 1753. Lambert Ignace de Stembert obtint un diplôme de chevalier du Saint Empire, signé le 17 juin 1734 à Luxembourg par l’Empereur Charles VI. Il s’y voyait octroyer les armes des anciens voués de Verviers, les « de Stembert » de la tige cadette : écartelé, aux 1 et 4 d’argent au lion d’azur, aux 2 et 3 d’or à trois losanges d’azur ; casque couronné avec, pour cimier, un lion d’azur issant et des lambrequins d’argent et d’azur. Ici, aussi, nous constatons une modification dans la description du blason : casque couronné avec, pour cimier, un lion d’azur issant. Soit que le heaume devait être surmonté d’une couronne de Chevalier puisque lui-même ainsi que sa descendance étaient qualifiés de « chevalier du Saint Empire » et de « chevalier de Stembert ». Le chevalier pouvait porter un « tortil », des étoffes entortillées, aux couleurs de ses armes. Et le cimier était redevenu un lion issant. Nous pouvons ainsi imaginer le blason suivant :

Blason ancien lion issant 01

 

Lambert Ignace de Stembert obtint la charge de voué héréditaire du ban de Verviers qu’avait exercée son bisaïeul paternel et qui était ensuite passée dans la descendance aînée de celui-ci lorsque la dernière représentante de cette ligne, Jeanne Constance de Stembert, lui céda le 8 août 1757. Lambert Ignace de Stembert mourut à Liège en 1784 et fut inhumé le 8 août à la paroisse Saint-Servais. Avec son épouse, il avait eu un fils :

1.

Lambert François Antoine Joseph de Stembert, chevalier du Saint Empire, qui naquit après 1734. Il figure, en 1775, sur le « Tableau de la Loge de la Parfaite Intelligence », avec le grade de Maître Maçon. Lambert François Antoine Joseph de Stembert fut le dernier voué héréditaire du ban de Verviers, charge qu’il détint depuis le 1er octobre 1778, jour où la lui céda son père, jusqu’à la fin de l’Ancien Régime. Le 6 juillet 1778, il épousa Marie Josèphe de Grady, née le 15 juin 1749, fille de Henry Godefroid de Grady, chevalier du Saint Empire. Ils eurent deux fils :

1.1 Henri Joseph Constantin chevalier de Stembert, conseiller à la cour d’appel de Liège, épousa Elisabeth Walburge Madeleine Auguste Claire Marie de Fisenne, née à Aix-la-Chapelle le 26 juin 1795 et décédée à Liège le 10 juin 1862.
1.2 Lambert Marie chevalier de Stembert est né à Liège le 9 janvier 1785 et y est décédé le 11 janvier 1867. Il avait épousé, en 1824, Elisabeth Walburge Madeleine Auguste Claire Marie de Fisenne, veuve de son frère Henri Joseph Constantin chevalier de Stembert. C’est lui qui participa à la restauration de l’église Saint-Servais à Liège, entre 1848 et 1851, et qui y fit placer un vitrail à ses armes ainsi qu’à celles de son épouse « de Fisenne » (voir la rubrique « deux représentations connues du blason » plus en avant dans le texte). Sans enfants, il adopta Caroline de Grady, fille de Henri Albert Joseph chevalier de Grady de Horion et de Marie Barbe Jeannette de Grady de Gronendael. Caroline de Grady épousa Ferdinand Joseph Dieudonné de Fisenne, beau-frère de son père adoptif.

 

 

 

 

 

 

 

 

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