Stembert, 1945 - 31/12/1976

La période de l'après-guerre allait apporter de considérables changements à la Commune de Stembert. Il fallait tout d'abord se redresser car les années de guerre avaient marqué les villageois. Stembert prenait un tournant avec son agrandissement, son expansion industrielle et son développement de la population.

 

Stembert du 9 mai 1945 au 31 décembre 1976

Après la guerre, une vie peu aisée reprenait lentement son cours. Il fallait se réorganiser et revenir petit à petit à une vie normale, ce qui devait nécessairement prendre du temps. Stembert se plaça alors résolument à l’heure du changement et la commune allait se modifier considérablement avec une seconde phase d’aménagement.

Stembert fut pris d’une grande fièvre dans le domaine de l’infrastructure. On construisait un peu partout, dans le désordre et le désarroi le plus total. On commença tout d’abord par asphalter toutes les rues du bas du village. Quand ce fut fait, on pensa à installer des égouts, ce qui fut loin d’être simple en raison de la nature rocailleuse du sous-sol stembertois. Ensuite, après la pénurie d’eau durant l’été 1947 (une terrible année de sécheresse où même la rentrée scolaire fut retardée d’un mois afin d’éviter toutes épidémies), le village se raccorda à la distribution d’eau du Barrage d’Eupen vers 1950, ce qui valut une nouvelle ouverture des routes du village. Stembert ne fut qu’un vaste chantier durant plusieurs années.

En 1952, de nombreuses scènes du film « le Banquet des Fraudeurs » furent tournées dans les rues du centre du village ainsi qu’en quelques campagnes environnantes.

Ce fut à partir de 1955 que notre village s’engagea dans une ère nouvelle de prospection et de construction. Un premier lotissement important fut construit dans le bas du village. C’est notamment ainsi que la prairie   « Damseaux » disparut au profit d’un complexe d’habitations construites par un entrepreneur de notre commune, monsieur Pagnoulle. La nouvelle artère fut baptisée rue Auguste Becker (aujourd’hui Albert Dupuis), du nom du Stembertois qui inventa la guérite mobile destinée à abriter les soldats montant la garde devant les bâtiments militaires ainsi qu’au Palais Royal.

On réalisa ensuite la cité des Linaigrettes à l’instigation de la Ligue des Familles Nombreuses, appuyée par le Député Permanent Octave Pétry. Ce fut le lancement de la mode des « maisons sociales » qui allaient par la suite pousser aux quatre coins du village. Un monument rendant hommage à Octave Pétry fut  érigé et une des rues de la cité des Linaigrettes porte son nom.

Le début des années cinquante marqua également un premier fléchissement dans le domaine des distractions. La nouvelle génération s’orientait alors vers un autre mode de vie et vers de nouvelles activités et divertissements. La voiture et la télévision firent également leur apparition dans certains ménages du village.

Les premiers problèmes se posèrent à la Stembertoise avec moins de spectateurs aux concerts et le recrutement d’acteurs et d’actrices pour les deux sections dramatiques de la FNC devint de plus en plus difficile.

Les années soixante furent une période charnière pour notre village. La commune allait évoluer et se tourner vers le monde moderne.

En 1961, le cercle artistique et littéraire Fernand Desonay, célèbre écrivain stembertois, était fondé. Pendant 20 ans, il réussit à créer un important courant à Stembert en organisant de nombreuses manifestations à caractère culturel telles que des expositions de peintures. Mais d’autres loisirs, une certaine lassitude et le manque d’intérêt portèrent un coup fatal à l’association au début des années 1980. Les arts graphiques et picturaux, tout comme la littérature, passionnèrent et passionnent encore aujourd’hui de nombreux Stembertois dont certains s’illustrèrent dans la région et à l’étranger.

Dans les années 1960 – 1970, on se mit à bâtir un peu partout dans les campagnes du haut du village : les Marlières, le haut de la rue des Champs et le versant Nord du Chaineux. C’est aussi vers cette même époque que l’on implanta les lotissements des avenues Fernand Desonay et Jean Lambert, des rues des Champs et Chafour, du Haut Tombeux et Sous La Hezée, ainsi que les rues du Cimetière, de la Wallonie et de l’Armée Secrète. Sur le plan démographique, cela entraîna un nouvel accroissement de la population. L’infrastructure autoroutière fut modifiée en conséquence, ce qui entraîna à nouveau la disparition de quelques belles campagnes.

En 1969, le Roi Baudouin Ier fit une visite à l’usine de Mabelpap. Quelques photos furent prises à l’époque. Elles montrent le Roi circulant près des machines et allant à la rencontre des travailleurs.

En 1970, Stembert présentait un nouveau visage bien différent de celui datant d'à peine une trentaine d’années auparavant.

En août 1974, notre mensuel qui s'appelait alors "Lu Leûp" voyait le jour.

Un club de moto vit le jour à Stembert le 25 octobre 1974. Il était ouvert à tous ceux qui aimaient ou qui étaient désireux d’apprendre à connaître les vraies valeurs de la moto tourisme. Des réunions avaient lieu tous les vendredis à 20h30 dans les locaux du Cercle Pro Familia (aujourd'hui les locaux de Chanteloup).

En 1975, Messieurs Thomas Willot et Georges Reuff créèrent un club de marcheurs : les Pieds Plats. Après quelques mois, ils s’inscrivirent à la Fédération et obtinrent le matricule 97. Les marches démarraient toujours de Stembert, soit du Cercle Pro Familia, soit de l’école Saint Nicolas, et réunissaient une remarquable quantité de marcheurs. La première des marches internationales organisée atteignit même le record de 2.000 marcheurs. D’autres activités de route étaient planifiées et elles étaient constituées par différents circuits de 6, 12, 25 et 42 km, toutes patronnées par les associations germanophones IVV et EVG ainsi que par la FNBMP (fédération belge). Ce fut à cause du manque de relève que l’association disparut en 1984.

En septembre 1975, on entreprit la construction de la Cité Jean Hennen qui part du Tir et de la rue du même nom pour rejoindre le Haut Tombeux et la rue de la Papeterie.

La vie bien sympathique et agréable des villageois stembertois allait cependant basculer lorsque la décision fut prise d’effectuer la fusion des communes. Le pays faisait un grand saut : passer des 2.739 entités, grandes ou petites, à 589 communes, toujours d'actualité.

Stembert allait donc être englobé dans le grand Verviers. Le dernier bourgmestre de Stembert fut Antoine De Berghes, nommé par l’arrêté royal du 7 juin 1971 et qui exerça cette fonction jusqu’au 31 décembre 1976.

Le 1er janvier 1977, la commune de Stembert n’existait plus. Et notre village retourna à la Ville qu’il avait quittée au XVIIème siècle, 321 années auparavant. Mais si une page d’histoire se tournait, croyez bien, chers amis que les "Leûps di Stimbiet" ne seront jamais tout à fait des "Tchès", surtout pas des "Tchès Volants" !

 

 

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