Les origines de la Commune

Stembert est donc devenu une Paroisse avant de devenir une Commune à part entière. La population, réunie autour de son église, probablement l'unique ou du moins le plus important lieu de rassemblement pour les villageois, va se mobiliser pour obtenir son droit à devenir une localité bien indépendante.

 

Les origines de la commune de Stembert 

Le 4 décembre 1651, la commune de Verviers reçut son titre de Bonne Ville, ce qui l’obligea à compléter les fortifications déjà existantes autour de la cité. A partir de ce moment, elle délaissa les bourgs avoisinants situés extra muros.

Les Stembertois, alors privés de leurs administrateurs et conséquemment de leurs « protecteurs », implorèrent dès 1655 le prince évêque Maximilien-Henri de Bavière afin qu’il donne aux villageois un règlement particulier pour l’élection des magistrats de leur commune.

Le 25 janvier 1656, un édit du prince évêque ordonnait aux Stembertois d’élire quatre hommes parmi les plus capables du lieu et de les commettre à la direction des affaires. Ces personnes, nommées les « commis », étaient inamovibles mais elles pouvaient être révoquées après avoir posé des actes désapprouvés ou blâmés par les trois classes du peuple. A la mort de l’un d’entre eux, les survivants lui choisissaient un remplaçant dans les plus brefs délais. Cette charge était annuelle mais le renouvellement était permis.  Les rôles des « commis » étaient des attributions administratives importantes : la police des lieux, la fixation de la part d’impôts pour chaque famille, la création de nouveaux impôts si nécessaire et l’élection d’un maître-bourgeois ou bourgmestre qui recevait et administrait les deniers publics. Un « Sergeant » ou huissier assermenté faisait respecter les ordres des « commis ». Les décisions de ceux-ci étaient affichées mais surtout, elles étaient criées au son de la clochette, chaque dimanche après la messe basse.

Le 25 janvier 1656, Stembert devenait une commune.

Malheureusement, l’ordonnance de 1656 était trop peu explicite et de plus, elle établissait l’oligarchie administrative, soutenue et consolidée par l’inamovibilité de ses membres bien installés dans leurs fonctions. De nombreux abus furent commis et ils engendrèrent beaucoup de récriminations. Pour mettre un terme à cette situation, Maximilien-Henri de Bavière modifia considérablement les articles principaux dans un édit du 10 mars 1685. 

Jusqu’en 1691, les commis qui occupaient un emploi en 1685 y restèrent attachés. Des suppliques furent à nouveau envoyées au prince évêque, alors Georges Louis de Berg. Celui-ci renouvela les prescriptions de son prédécesseur et manda d’autres commis dont l’élection fut immédiate. Mais des excès se produisirent encore, principalement dans la gestion des deniers publics. 

Vers 1765, la communauté étant fort appauvrie par les multiples passages de troupe, les manants se plaignirent une fois encore à leur prince évêque au sujet de la paie que recevaient les administrateurs pour leur présence aux séances et les vacations. L’évêque Charles d’Oultremont remania les règlements de 1656 et 1685. Cette ordonnance est la dernière ayant rapport à la constitution administrative de Stembert. Elle fut d’ailleurs interprétée de manière diverse, souvent de parti pris. L’année de sa promulgation même, des troubles qui menaçaient d’acquérir une certaine gravité éclatèrent à propos des élections pour lesquelles on ne s’entendait pas sur la question des manants ayant droit au vote ni sur celle du lieu où se dérouleraient ces élections. La prudence du bourgmestre Gathoye, qui fit venir secrètement dans le village le lieutenant gouverneur du pays de Franchimont, empêcha une émeute imminente et mit fin aux menées des plus exaltés. Les changements apportés au règlement concernaient principalement le mode d’élection.

Vers 1779, un notaire, accompagné par 2 commis, se rendit au domicile des électeurs pour noter les noms des citoyens favorisés par ces « ayant droit au vote ». A cause des troubles des révolutions française et liégeoise, ces mandements tombèrent dans un profond oubli et ils ne furent remplacés officiellement qu’en 1799. 

Nous pouvons noter deux points importants relatés durant cette période :

Le 8 septembre 1678, la cavalerie des Confédérés du comte de Salm attaqua Stembert. Une célèbre bataille s’engagea alors entre les vaillants paysans stembertois, aidés par quelques Verviétois, et les terribles dragons du comte. Les cavaliers, battus, obligèrent les Stembertoises à se mettre en croupe derrière eux afin de protéger leur retraite !

En 1751, Quirin-François Lejeune, prêtre né à Stembert en 1707 et décédé dans notre village le 15 mai 1778, établit la première imprimerie du pays de Franchimont dans les maisons « Jacoby », au lieu dit « es thier ». Il céda son imprimerie à un dénommé Depouille jusqu’en 1766. En 1778, ce monsieur Depouille travailla seul jusqu’à sa mort en 1802. Son fils exerça la même profession jusqu’en 1820 et s’établit alors à Verviers où il eut des descendants qui exercèrent le métier d’imprimeur.

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